Rapports et études - Janvier 2019

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Étude d’impact : perception des enseignant-e-s quant à l’impact des interventions d’éducation à la citoyenneté mondiale et solidaire (ECMS) dans l’enseignement obligatoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB). Rapport final

ACODEV - septembre 2018, 113 p. - Site acodev.be

2550 interventions sur le citoyenneté mondiale et solidaire (ECMS) en milieu scolaire animées par des ONG belges ont eu lieu entre 2010 et 2017 dans les établissements scolaires de la région Wallonie-Bruxelles qui comprend un peu plus de 800 établissements. Cette étude externe s’appuie sur des entretiens avec 146 enseignants et l’analyse approfondie de 6 établissements scolaires. Pour analyser les impacts de ces animations, 7 groupes de compétences ont été définies (s’informer sur le monde ; se sentir concerné ; développer une pensée positive ; être conscient de sa responsabilité ; construire une opinion critique ; mener une action utile ; adhérer aux valeurs de la citoyenneté). Ces interventions sont jugées globalement positives. Cependant la qualité du résultat dépend de plusieurs facteurs, dont : l’implication personnelle des enseignants, l’intégration de l’animation dans les projets globaux de l’établissement, la nécessité de relier la sensibilisation à l’action, les compétences pédagogiques de l’intervenant, une adaptation à la spécificité de l’établissement. L’étude conclue sur plusieurs recommandations, et en particulier : améliorer la synergie entre les différentes structures intervenantes, évaluer les actions dans un format commun, systématiser l’offre en ECMS, préserver la qualité de l’impact par un financement stabilisé et en croissance.

Mots-clés : BELGIQUE, EDUCATION A LA SOLIDARITE, EDUCATION AU COMMERCE EQUITABLE, ENQUETE, EVALUATION

Voir aussi L’éducation à la citoyenneté mondiale et solidaire : quel impact dans les écoles ? comment le renforcer ? (Oxfam-Magasins du Monde, 31 décembre 2018)

Voir aussi Quelle place pour un projet d’Education à la Citoyenneté Mondiale et Solidaire (ECMS) dans les écoles à pédagogie active ? (Oxfam- Magasins du Monde, 31 décembre 2018)


Rémunération des producteurs et transition écologique : Quelle contribution du commerce équitable origine France ? Une analyse tirée de deux cas d’étude dans les filières lait et légumes secs

COMMERCE EQUITABLE FRANCE ; BASIC - janvier 2019, 100 pages - Site commercequitable.org

On souligne de plus en plus souvent les dérives des filières agroalimentaires conventionnelles : non durabilité environnementale, perte en qualité et en diversité de l’offre alimentaire, opacité et asymétrie des filières, précarité socioéconomique des producteurs, sans compter les problèmes de santé publique et les scandales sanitaires. Le commerce équitable « Origine France » peut-il donner une meilleure réponse agroalimentaire ? Commerce Equitable France a donc commandité cette étude au Basic qui s’appuie sur l’analyse de deux cas. Biolait, entreprise de collecte de lait à fonctionnement coopératif, qui a contracté une filière lait avec Biocoop et Système U et la Ferme de Chassagne, groupement de 9 fermes bio, qui a une filière de légumes secs et de farine d’épautre avec Biocoop et Ethiquable. Après analyse approfondie sur leur mode de fonctionnement et les résultats constatés, on peut relever les effets positifs : un impact fort sur la protection de l’environnement, une meilleure répartition de la chaîne de valeur, une meilleure rémunération des producteurs (le prix d’achat prend en compte les coûts de production), plus de visibilité sur des débouchés rémunérateurs, un contexte plus apaisé et sécurisant. Au vu de ses résultat, deux propositions sont faites : proposer des repères clairs pour mieux identifier les produits équitables par une reconnaissance publique des labels et des garanties ; favoriser l’achat de produits équitables dans la restauration collective.

Mots-clés : FRANCE, ALIMENTATION, AGRICULTURE DURABLE, PRODUCTEUR, FILIERE DE PRODUITS, CERTIFICATION, POUVOIR PUBLIC, ETUDE DE CAS


Du cacao illégal dans le chocolat suisse

Emission RTS, 20janvier 2019, 17 mn,

Cette enquête journalistique, diffusée à la télévision suisse, s’intéresse au cacao illégal en Côte d’Ivoire cultivé dans des parcs protégés d’où une déforestation catastrophique de la région. Nestlé, dans sa communication, annonce que sa branche de chocolat Cailler n’utilise que du cacao légal. Cette enquête montre qu’il n’y a pas de traçabilité du cacao récolté et que les fèves de toute provenance sont mélangées, ce qui est connu de toutes les acteurs de la filière. Pour sa réputation, Nestlé a mis en place un plan cacao qui prévoit la construction d’écoles. Même si 3 classes existent, elles ne se trouvent pas à l’emplacement prévu. Avant la parution de l’émission, Nestlé a fait savoir qu’il contrôlerait la véracité de cette enquête.

Mots-clés : COTE D’IVOIRE, CACAO, DEFORESTATION, INDUSTRIE AGROALIMENTAIRE, PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT, TRACACILITE


Cacao, les enfants pris au piège

Emission Envoyé spécial (France 2), 10 janvier 2019, 50 mn.

Cette autre enquête journalistique, diffusée dans l’émission Envoyé Spécial, s’intéresse au travail des enfants dans les plantations du cacao. Depuis 2001, l’industrie chocolatière s’était engagée à ne plus acheter du cacao issu du travail des enfants. L’enquête révèle qu’il n’en est rien. Des enfants sont amenés du Burkina Faso et achetés et travaillent pendant de nombreuses années, sans être payés. Ils font des travaux dangereux pour leur santé, à la machette pour couper les cabosses, utilisent des produits chimiques sans protection,... La traçabilité du cacao en Côte d’Ivoire est inexistante. Fair Trade, lors d’une inspection a supprimé sa certification d’une des coopératives visitées. Cette enquête se complète d’un entretien avec un responsable de Caillebault qui semble mal connaître la situation et l’entretien à Davos a été empêchée.

Voir aussi l’article paru dans l’Express, 26 janvier 2019 Comment être sûr d’acheter du chocolat équitable ?

Mots-clés : COTE D’IVOIRE, CACAO, TRAVAIL DES ENFANTS, ENQUETE, INDUSTRIE AGROALIMENTAIRE


“No Room to Bargain” : Unfair and Abusive Labor Practices in Pakistan

HUMAN RIGHT WATCH, 2019, 79 p - Site de hrw.org

Les pratiques de travail des ouvriers de l’industrie textile au Pakistan - ce qui représente 15 millions de travailleurs, soit plus du tiers de l’ensemble des travailleurs en manufacture du pays - ont toujours été en violation des droits des travailleurs et on constate même à une aggravation de cette situation. Ce rapport de Human Right Watch, basé sur des entretiens, analyse en détail tous les abus constatés dans l’industrie textile pakistanaise. Parmi ces abus figurent des salaires et pensions d’un montant inférieur au minimum légal, une oppression (voire assasinat) sur les syndicats indépendants, l’imposition d’heures supplémentaires gratuites, des pauses d’une durée insuffisante, et le fréquent non-respect de la réglementation sur les congés de maternité et de maladie. Ce rapport a également identifié des défaillances du système étatique d’inspection du travail. Les autorités pakistanaises devraient restructurer les services d’inspection du travail et sanctionner systématiquement les entreprises responsables d’abus. Quant aux entreprises nationales et internationales du secteur de l’habillement, elles devraient prendre des mesures plus efficaces pour prévenir et corriger les atteintes aux droits des travailleurs commises dans leurs usines sous-traitantes.

Mots clés : PAKISTAN, INDUSTRIE TEXTILE, DROIT DE L’HOMME, FEMME, SALAIRE, SYNDICAT, DROIT DES TRAVAILLEURS, ENTREPRISE, POUVOIR PUBLIC