Rapports et études - Février 2020

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Eduquer au commerce équitable : L’émergence du label Ecoles de commerce équitable en France

Revue Internationale des Etudes de Développement, n°240, 4ème trimestre 2019, p. 179-185

Le label Ecoles de commerce équitable ne vise pas un produit ou une organisation, il cherche à mettre en valeur un territoire pour développer la sensibilisation et l’action locales. Cette labellisation existe déjà au Royaume uni, Allemagne et Belgique. Quant à la France, elle démarre ce processus. Pour obtenir ce label, l’établissement scolaire a l’obligation de faire valider la démarche par son conseil d’administration. Puis il doit progressivement former la communauté éducative, acheter des produits équitables, communiquer sur les événements en faveur du commerce équitable, favoriser des partenariats et des jumelages autour du commerce équitable. Six établissements, en France, ont déjà obtenu ce label, une dizaine d’autres est intéressée. C’est un jury externe qui a labellisé ces premières écoles. Il a pu constater l’intérêt de cette démarche par la création d’un maillage avec d’autres acteurs locaux et/ou avec d’autres établissements scolaires. Par contre, le manque d’implication de la collectivité locale, dans certain cas, peut être un frein. Et il faudrait apporter une attention particulière à ne pas faire reposer le projet sur une petite équipe de bénévoles mais bien sur l’institution elle-même. Par la suite, il y aura d’autres évaluations : autoévaluation avec une grille qui permet à l’établissement d’évaluer son niveau d’engagement et ses progrès, une évaluation par ses pairs qui permettra de tisser un réseau d’écoles avec partage des pratiques. Pour affiner ces constats, d’autres études d’impact devront être entreprises.

Mots-clés : FRANCE, ECOLE DE COMMERCE EQUITABLE, CERTIFICATION, EVALUATION


Des certifications inutiles ? Les relations asymétriques entre coopératives, labels et cacaoculteurs en Côte d’Ivoire

RUF, François ; LEITZ, Enrique ; GBOKO, Kouamé Casimir ; CARIMENTRAND, Aurélie

Revue Internationale des Etudes de Développement, n°240, 4ème trimestre 2019, p. 31-61

La plupart des coopératives ivoiriennes de cacao certifiées Utz, Rainforest Alliance ou Fairtrade n’ont pas été créées par des producteurs mais par les intermédiaires (pisteurs ou acheteurs pour le compte des mutinationales) avec l’objectif de faciliter les transactions et non d’améliorer les revenus des paysans. Ces coopératives sont centrées sur la collecte et la revente du cacao sans transformation. L’étude analyse un échantillonnage important de coopératives labéllisées Utz, Rainforest Alliance ou Fairtrade. Il en ressort que ces coopératives sont dirigées par quelques membres à forte consonnance personnelle ou familiale ou ethnocommunautaire, souvent d’origine étrangère (Burkina, Mali ou Bénin). Les planteurs ivoiriens sont donc, à priori, méfiants. A cela, il faut ajouter que la gestion de la coopérative n’est guère transparente, peu équitable entre les producteurs. Clientélisme et fraude font aussi partie des pratiques de la coopérative. Quant aux contrôles des organismes certificateurs, ils sont peu efficaces. La prime elle est tellement divisée entre différentes activités de la coopérative que les producteurs – quand ils la touchent – n’en reçoivent qu’une très petite part. Les prélévements des taxes de l’Etat, le prix d’achat très faible des exportateurs, les dysfonctionnements des coopératives, la précarité des producteurs pour se défendre,... autant d’éléments qui ne permettent pas aux producteurs de profiter de la certification pour sortir de l’extrême pauvreté.

Mots clés : COTE D’IVOIRE, CACAO, COOPERATIVE, CERTIFICATION, IMPACT DU COMMERCE EQUITABLE, PRODUCTEUR, ANALYSE CRITIQUE


Effets et limites du commerce équitable Fairtrade sur les producteurs de café arabica d’une région de piémont andin, au Pérou

BOUEDRON, Elise ; COCHET, Hubert ; BELCHI, Paul

Revue Internationale des Etudes de Développement, n°240, 4ème trimestre 2019, p. 147-175

Cette recherche porte sur des coopératives de café dans le piemont andin au Pérou intégrées au système Fairtrade depuis au moins 15 ans et donc bien intégrées au marché. Ces coopératives sont aussi labellisées en bio et en durable. La production de café dans cette région est assez ancienne. Petit à petit, elle est même devenue une monoculture au détriment des cultures vivrières. Les producteurs sont donc plus vulnérables et dépendent du cours du café ce qui a entraîné une grande crise dans les années 90. Les Pouvoirs publics ont alors encouragé la production d’un café de qualité et incité à la création de coopératives pour améliorer les techniques agronomiques, permettre aux producteurs de s’équiper du matériel nécessaire au séchage du café, etc. La prime de Fairtrade est consacrée au développement d’infrastructures, d’équipements, des services de crédit et de formations. Le prix de vente de ce café de qualité est vite attractif pour les producteurs. Mais la certification Fairtrade ne gomme pas les inégalités. Les producteurs ayant de plus grandes surfaces ont de meilleur revenu, surtout ceux qui complètent leur activité avec de l’élevage. Quant aux « petits » producteurs qui gèrent par eux-mêmes ou avec leur famille leur activité, ils n’ont pas pu s’équiper, produisent un café de moins bonne qualité qu’ils vendent à des prix peu rémunérateurs. Ils deviennent alors une main d’oeuvre au salaire minimum péruvien, pour les « grands » producteurs dont les revenus sont, au minimum, 3 fois supérieurs. Il faut que Fairtrade recentre ses activités et favorise l’intégration des plus vulnérables en diminuant les avantages des « grands » producteurs. Les nouveaux standards de Fairtrade (2018) vont dans ce sens. Désormais les coopératives doivent compter 66 % de « petits » et non 50 % comme précédemment.

Mots-clés : PEROU, CAFE, COOPERATIVE, IMPACT DU COMMERCE EQUITABLE ; ANALYSE CRITIQUE


Une stratégie européenne pour des textiles équitables et durables

OXFAM MAGSINS DU MONDE ; FAIR TRADE ADVOCACY OFFICE ; WFTO EUROPE - Document de réflexion, n° 264, février 2020, 54 pages - Site de ecdpm.org

Ce rapport a été élaboré, dans le cadre du projet européen « Trade Fair, Live Fair », par le ECDPM, bureau indépendant de gestion des politiques de développement. Après le constat alarmant de la situation de l’industrie textile sur le plan social et environnemental et le manque de cohérence des mesures déjà prises, ce rapport vise à dégager des pistes pour une stratégie européenne ambitieuse et cohérente afin de soutenir des chaînes de valeur durables dans le secteur de l’habillement. L’UE pourrait introduire des exigences d’écoconception (concevoir le produit tout au long de son cycle de vie sur le plan énergétique). Il pourrait soutenir le marché de textiles durables par un système tarifaire préférentiel, par un étiquetage adapté comme l’écolabel (à mieux faire connaître aux consommateurs), par des passations de marchés publics de textiles durables, par une législation communautaire de diligence raisonnable,... Tout ce travail de réflexion pour améliorer les filières textiles sur le plan social et environnemental est convergent avec les objectifs de développement durable des Nations unies et le Green Deal européen.

Mots clés : UE, INDUSTRIE TEXTILE, CHAINE DE VALEUR, ENVIRONNEMENT, DROIT DE L’HOMME, TEXTILE DURABLE, LEGISLATION


Le marché alimentaire bio en 2018 : Estimation de la consommation des ménages en produits alimentaires biologiques en 2018

AGENCE BIO – Octobre 2019, 65 p, - Site de agencebio.org

Le marché de produits bio alimentaires auprès des ménages est de plus de 9 milliards d’euros avec une croissance de 15 % entre 2017 et 2018. La hausse des prix en 2018 est de 1,8 %. La part des achats de produits alimentaires bio représente 4,8 % de la consommation totale des produits alimentaires. Ce rapport présente de très nombreuses statistiques et graphiques selon les produits, les circuits, les imports-exports,...

Mots clés : FRANCE, PRODUIT ALIMENTAIRE BIOLOGIQUE, MARCHE, CROISSANCE


Variance in Approach Toward a ‘Sustainable’ Coffee Industry in Costa Rica : Perspectives from Within : Lessons & Insights

VOGT Mélissa - Ondon Uniquity Press, 2019, 245 pages - Site de ubiquitypress.com

Recherche sur l’impact des labellisations Fairtrade et Rainforest auprès des caféiculteurs du Costa Rica. Les normes de durabilité telles qu’elles sont pratiquées par ces deux organisations pourraient encourager une durabilité plus ambitieuse.

Mots clés : COSTA RICA, CAFE, RAINFOREST ALLIANCE, FAIRTRADE INTERNATIONAL, CERTIFICATION, IMPACT, DEVELOPPEMENT DURABLE, PROSPECTIVE, PRODUCTEUR