Le coût du R.E.S.P.E.C.T. selon Zara : Comment l’enseigne a choisi le profit à un salaire vital pour les travailleur.se.s de sa chaîne d’approvisionnement

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La marque Zara de l’entreprise espagnole Inditex a pour but de maximiser les profits et d’ignorer la question du salaire vital des travailleur.e.s de l’ensemble de ses chaînes d’approvisionnement. Les profits d’Inditex sont collossaux et son patron possède la 6ème fortune de la planète. Le succès de Zara repose sur un renouvellement permanent des collections, sur la création rapide de modèles inspirés de la haute couture, sur des prix bas pour les consommateurs, sur une production des modèles en série limitée ce qui évite les stocks et les invendus et sur un excellent fonctionnement intégré. 75 % des articles des magasins sont changés chaque mois et Zara met en vente 65 000 nouveaux produits par an. Même si Zara dit qu’elle fabrique 50 % de ses produits en Europe (Espagne et Portugal) en réalité actuellement il ne s’agit que de 15 % des produits ; le reste provient de Turquie, Maroc, Inde, Bangladeh, Pakistan,... Malgré l’engagement « Pratiques d’Achat Responsable » pris par la marque pour certifier que les sous-traitants paient un salaire décent à leurs employés, on ne peut que constater que la main d’oeuvre, à chaque étape de la chaîne, est largement sous-payée. C’est tout un système dévastateur pour les salarié.e.s et l’environnement. L’étude montre la composition du prix d’un sweaatshirt - depuis la culture du coton en Inde jusqu’au consommateur final en France - et comment à chaque étape Zara capte un bénéfice. Pour cet article vendu 26,70 €, il faudrait 3,62 € pour que les personnes impliquées tout au long de la chaîne de fabrication puissent vivre décemment. Alors que les ouvrier.e.s qui fabriquent ce sweat en Tunisie reçoivent un salaire 3 fois inférieur au salaire vital. Ce modèle économique qui repose sur la recherche du moindre coût doit évoluer : les multinationales de l’habillement ne peuvent se soustraire aux droits internationaux sur leur devoir de vigilance. Et les gouvernements devraient y veiller

COLLECTIF ETHIQUE SUR L’ETIQUETE, PUBLIC EYE, BASIC - novembre 2019, 15 p.

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