| Résumé |
Malgré l’obtention de la citoyenneté indonésienne en 2003, environ 30 000 anciens réfugiés du conflit du Timor oriental, installés dans la régence de Belu en Indonésie, restent marginalisés et confrontés à l’insécurité foncière. En combinant une revue de la littérature, l’analyse de documents de politique publique indonésienne et d’organisations internationales ainsi qu’une analyse comparative d’initiatives en matière d’économie créative dans des contextes post-conflit, l’étude vise à appréhender la manière dont les industries créatives peuvent constituer des pistes d’intégration dans les régions frontalières des pays en développement dotées d’un patrimoine culturel spécifique. L’analyse identifie 4 piliers de développement complémentaires : la renaissance et l’intégration des artisanats traditionnels sur les marchés, le tourisme culturel transfrontalier, les industries créatives numériques, les arts du spectacle comme facteur de cohésion sociale. Ces piliers s’articulent au sein d’un modèle adapté au contexte de Belu, caractérisé par un patrimoine culturel tétoum partagé, des réseaux de parenté transfrontaliers et une coopération émergente avec le Timor-Leste. Le cadre proposé identifie les obstacles systémiques (carences en infrastructures, contraintes de financement et insécurité foncière) et émet des recommandations pour une coordination par les organismes gouvernementaux, les organisations internationales et les institutions communautaires.
|