| Résumé |
Cette étude évalue la préparation des petits producteurs de café éthiopiens au Règlement européen sur la déforestation (EUDR), en examinant leur sensibilisation, leur capacité de mise en conformité et les impacts potentiels, et en mettant le focus sur rôle des normes volontaires de durabilité (VSS). Menée dans le sud-ouest de l'Éthiopie à partir d’une enquête menée auprès de 600 ménages, de discussions de groupe, d’entretiens et de l’analyse de modèles économétriques avancés, la recherche révèle un écart important entre la sensibilisation à la réglementation et la capacité opérationnelle de mise en conformité. Si la certification VSS améliore la sensibilisation des agriculteurs, elle reste limitée et dépendante de la capacité technique et financière requise pour les exigences de traçabilité et de géolocalisation de l'EUDR. L'analyse met également en évidence un « paradoxe écologique » : les caféiculteurs exploitant des systèmes forestiers intégrés et riches en biodiversité sont confrontés à la non-conformité, malgré une faible empreinte de déforestation. Sans investissements ciblés dans la gouvernance foncière, les infrastructures numériques, des systèmes de soutien différenciés et un partage équitable des coûts, le règlement EUDR risque d’exclure les caféiculteurs les plus vulnérables, compromettant ainsi ses objectifs environnementaux et les moyens de subsistance en milieu rural.
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