| Résumé |
Cette étude analyse les facteurs socioéconomiques qui influencent l’adoption de la certification cacao biologique, qui reste marginale en Côte d’Ivoire, pourtant premier producteur mondial de cacao. Autrefois dominée par les planteurs ivoiriens d’origine baoulé, la production de cacao est aujourd’hui majoritairement assurée par des migrants d’origine burkinabè. Il ressort des enquêtes menées auprès de 192 planteurs en cacaoculture conventionnelle et 53 en cacaoculture biologique dans deux coopératives, que les burkinabè sont absents des programmes de cacaoculture biologique. Pour les Baoulés, déjà engagés dans la réduction des pesticides, l’adoption de la cacaoculture biologique, encouragée par les directions de coopératives baoulées, apparaît moins risquée. À l’inverse, les Burkinabè, mieux dotés en terres mais plus dépendants des intrants chimiques, ne veulent pas prendre le risque de pertes à court terme, alors que les programmes bio n’offrent aucune prime pendant les trois premières années. Par ailleurs, la pénurie de main-d’œuvre, la faiblesse du marché et des soutiens publics freinent l’essor de la cacaoculture biologique. Une adoption plus large nécessiterait une prime immédiate et suffisante pour compenser les prises de risque des principaux producteurs.
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