Rapports et études - Mai 2025

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+4% en 2024, mais toujours l’urgence pour les producteurs français : Max Havelaar France dévoile des chiffres 2024 en hausse, et annonce plusieurs initiatives pour les filières françaises, dont un Observatoire de la Rémunération Agricole Équitable

Fairtrade, Max Havelaar France –2025/04/29, 4 p. -Site.fairtrade.net,

À la veille de la Quinzaine du commerce équitable, Max Havelaar fait le point de ses activités 2024 et de ses projets 2025. En 2024, les ventes des produits labellisés Max Havelaar ont poursuivi leur croissance avec un chiffre d’affaires en hausse de 4,1 %, confirmant la confiance des Français. Les produits phares restent le cacao, le café et les bananes, avec des prix accessibles. La filière lait est un succès. Dans l’ensemble, la bio se redresse. La grande distribution reste présente. Mais on constate une augmentation des ventes dans les magasins spécialisés et dans la restauration hors domicile. Max Havelaar veut développer de nouvelles filières en blé et légumineuses et lance une expérimentation de viande bovine francilienne à destination de cantines scolaires parisiennes. Par ailleurs, l’ONG va créer un observatoire sur les revenus des producteurs, l’Observatoire de la rémunération agricole.

FRANCE, MAX HAVELAAR FRANCE, ORGANISATION DE COMMERCE ÉQUITABLE


Rapport annuel 2024 Trade for Development Centre

Trade for Development Centre, Enabel, 2025, 33 p. - Site tdc-enabel.be

Dans le cadre de son programme d’accompagnement triennal, le TDC a analysé les bilans de formation 2024 de 15 coopératives de producteurs de café, cacao et noix de cajou, afin de mieux appréhender leur fonctionnement, leur gestion financière, mais aussi leur vision de la responsabilité sociétale (RSE), ainsi que leur positionnement sur les marchés. Grâce à des subventions allant jusqu’à 90 000 €, dix coopératives ont pu mettre en œuvre des projets ambitieux, afin de réduire l’écart entre les revenus des ménages et le salaire vital, promouvoir des pratiques agricoles durables, s’adapter au règlement de l’Union européenne sur la déforestation (RDUE), etc. En 2025-2027, le TDC appuiera également 8 organisations de soutien aux entreprises (OSE) locales pour les aider à exporter vers l’UE, dans le respect des droits humains et du travail décent, grâce à des subventions allant jusqu’à 50 000 € par projet, tandis que 5 autres participeront à un programme de coaching. En 2024, le TDC a partagé son expertise lors de différents événements internationaux autour du cacao durable et de l’agriculture bio, il a poursuivi ses actions de sensibilisation au commerce équitable et à la consommation responsable et il a contribué à un mémorandum sur le commerce équitable pour les élections 2024 en Belgique.

BELGIQUE, COMMERCE ÉQUITABLE, TRADE FOR DEVELOPMENT CENTER


Baromètre 2025 de la consommation responsable

DURIF, Fabien ; BOIVIN, Caroline ; Observatoire de la consommation responsable, 2025, 47 p. - Site ocresponsable.com

Au Québec, 15 ans d’observation montrent que les femmes et les personnes âgées sont les principaux moteurs de la consommation responsable. Les femmes sont à l’initiative des transformations vers une consommation plus sobre, tandis que les personnes de plus de 65 ans privilégient des gestes concrets : aliments de saison, achats locaux et écologiques, produits recyclés, réduction de leur consommation de viande, de produits transformés et d’énergie, limitation des achats impulsifs et comparaison des prix. Toutefois, les femmes comme les personnes âgées restent méfiantes vis-à-vis des pratiques mutualistes ou collaboratives. Les hommes se montrent plus confiants qu’engagés, révélant un décalage entre discours et comportement. À l’opposé, les jeunes générations et les urbains privilégient une économie alternative, collaborative et écologique, malgré quelques contradictions dans leur habitudes de consommation.

CANADA, QUÉBEC, CONSOMMATION RESPONSABLE, FEMME, HOMME, SENIOR, JEUNE


GRANDE DISTRIBUTION : Alliée ou frein à une alimentation saine et durable pour tous ? Evaluation des enseignes en France, benchmark européen et recommandations pour les acteurs

GRANIER, Benoît ; Réseau Action Climat France, 2025, 112 p. - Site reseauactionclimat.org

Ce rapport montre la progression des notes des enseignes de la grande distribution alimentaire en France, ainsi que l’évolution de leur classement, concernant une alimentation saine et durable. Il propose un panorama des bonnes pratiques des distributeurs ailleurs en Europe, en matière de transition alimentaire et écologique, avec un focus particulier sur la grande distribution en Allemagne, en Belgique, au Danemark, aux Pays- Bas et au Royaume-Uni. En s’appuyant sur l’analyse d’entretiens avec des professionnels de la grande distribution et de questionnaires auprès de 6 enseignes françaises et de la Fédération du Commerce et de la Distribution (FCD), il analyse les freins et leviers à la transition écologique de la grande distribution alimentaire et formule des recommandations concrètes à l’attention des pouvoirs publics, des industriels et des distributeurs.

FRANCE, ALLEMAGNE, BELGIQUE, DANEMARK, PAYS BAS, ROYAUME UNI, GRANDE DISTRIBUTION, ALIMENTATION, DÉVELOPPEMENT DURABLE, SANTÉ, ÉVALUATION, MARKETING, TRANSITION ÉCOLOGIQUE, PERSPECTIVE, PRIX, CONSOMMATEUR, INFORMATION


Agriculture, aquaculture et pêche : Impacts des modes de production labellisés sur la biodiversité

INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement), Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer), 2025, 92 p. - Site calameo.com

Les expérimentations concernant le système d’affichage environnemental des produits alimentaires, dans le cadre de la loi Climat et résilience, se fondent essentiellement sur l’analyse du cycle de vie des produits, qui prend en compte les émissions de gaz à effet de serre ou la consommation d’eau mais n’intègre pas tous les impacts sur la biodiversité. C’est pourquoi l’INRAE et l’Ifremer ont été mandatés en 2022 pour mieux documenter le volet biodiversité des impacts environnementaux de notre alimentation, en se focalisant sur les pratiques en agriculture (productions végétales et animales), en aquaculture et en pêche. Les conclusions de cette étude, présentée le 30 avril 2025, distinguent les bonnes et mauvaises pratiques, montrent la disparité des cahiers des charges des labels et proposent des pistes méthodologiques pour mieux intégrer les effets sur la biodiversité dans le système d’affichage environnemental.

FRANCE, AGRICULTURE, PÊCHE, AQUACULTURE, BIODIVERSITÉ, LABEL, IMPACT


Going Bananas : how climate change threatens the world’s favourite fruit - (La folie des bananes : comment le changement climatique menace le fruit le plus consommé au monde)

KRAMER, Kat ; WARE, Joe ; Christian Aid, 2025/05, 22 p. - Site christianaid.org.uk

La banane, fruit le plus consommé au monde, est menacée par le changement climatique dans les principales régions productives. Christian Aid travaille avec des producteurs de bananes au Guatemala, très inquiets pour l’avenir de leurs plantations qui sèchent sur pied, plus vite qu’annoncé par les prévisions climatiques. Et la situation devrait encore s’aggraver dans le futur, avec un risque de baisse de la production de 60 % en Amérique latine d’ici à 2080. La variété de banane la plus exportée est la Cavendish, en raison de son haut rendement, mais elle est fragilisée par son manque de diversité génétique. À l’horizon 2050, le Brésil, la Colombie et le Costa Rica s’attendent à une forte baisse des rendements. Par ailleurs, les conditions climatiques extrêmes, telles que les pluies diluviennes et les inondations à répétition, risquent d’augmenter le développement de maladies fongiques, très préjudiciables à la culture de la banane. Christian Aid demande aux gouvernements signataires de l’Accord de Paris de se conformer urgemment au plan de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de contribuer financièrement à la justice climatique dans les pays du Sud, pour les aider à s’adapter aux impacts du changement climatique.

GUATEMALA, COLOMBIE, COSTA RICA, MONDE, BANANE, CONSOMMATION, CHANGEMENT CLIMATIQUE, MALADIE, IMPACT, EXPORTATION, PERSPECTIVE


Climate and biodiversity risks to EU food imports - (Risques climat et biodiversité pour les importations européennes de produits alimentaires)

HYSLOP, Camilla ; WORKMAN, Mark ; Foresight Transitions, 2025/05, 53 p. - Site static1.squarespace.com

Ce rapport veut contribuer à la réflexion sur la sécurité alimentaire, la justice des échanges commerciaux et la résilience climatique, en mettant en lumière la vision du mouvement de commerce équitable pour l’importation de produits alimentaires courants (cacao, café, blé, riz, soja). Les petits producteurs vendent encore à des prix au-dessous des coûts de production durable, ne perçoivent pas un revenu suffisant pour s’adapter aux effets du changement climatique et ne bénéficient que de 0,3 % du financement international pour le climat. Ces constats doivent nous faire prendre conscience de la fragilité de cette chaîne de valeur agroalimentaire, de notre propre sécurité alimentaire, de l’avenir des entreprises européennes et des conditions de vie des producteurs agricoles locaux. Le rapport préconise que les modèles d’analyse incluent le critère d’incertitude, pour prendre en compte le changement climatique et la perte de biodiversité.

UE, INDUSTRIE AGROALIMENTAIRE, CHAÎNE DE VALEUR, PRODUCTEUR, CLIMAT, CACAO, RIZ, BLÉ, SOJA, CAFÉ, IMPORTATION, SÉCURITÉ ALIMENTAIRE, BIODIVERSITÉ