Anti-jeu . Les sponsors laissent les travailleurs sur la touche

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A l’occasion de l’euro 2016, le Collectif de l’Ethique sur l’Etiquette a lancé une campagne dénonçant les salaires de misère payés aux ouvriers par les sous-traitants de Nike, Adidas et Puma. Pour étayer cette campagne, ce Collectif a commandité une étude au BASIC (bureau d’analyse sociétale pour une information citoyenne). Ce rapport part de l’histoire de ces 3 équipementiers et du développement du sport au cours du XXème siècle. Dès l’origine, ces entreprises ont cherché à externaliser la production pour se consacrer au design, marketing et sponsoring. La part du sponsoring a explosé depuis les années 80 et une surenchère entre ces 3 équipementiers n’a fait que croître cette inflation, surtout dans le secteur du football qui domine davantage le marché. Désormais ceux-ci financent clubs, fédérations professionnelles et joueurs. Ils sponsorisent la quasi-totalité des équipes participant à l’euro 2016. Pour compenser ces dépenses qui ont atteint des sommes vertigineuses, la compression des coûts de fabrication s’impose. Ils délocalisent auprès de gros fournisseurs intermédiaires asiatiques qui eux-mêmes sont en recherche constante d’usines les moins disantes. Pour optimiser encore plus le coût de fabrication, des recherches en robotique sont en train de créer de nouvelles usines. Suite à plusieurs scandales ayant provoqué des mobilisations des travailleurs et des syndicats et l’indignation de l’opinion publique, les équipementiers ont réagi et mis en place plus de transparence et des codes de bonne conduite. Cependant leur modèle économique reste fondé sur l’optimisation des coûts de fabrication : il y a 20 ans, les coûts de production représentaient 4 % du prix final ; maintenant ils ne représentent plus que 2 %. Quoiqu’il en soit ces équipementiers pourraient se permettre de verser des salaires décents aux ouvriers de la confection.

Basic, 2016, 60 pages.

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